Quartier Hardy
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PASSÉ ET PRÉSENT

Appartenant à la flore européenne depuis l’ère tertiaire (- 60 millions d’années), le Chêne-liège est une espèce indigène au moins dans le Marensin. Il est en revanche possible qu’il ait été étendu par l’homme dans les autres aires gasconnes de répartition.
La présence naturelle de cette essence à proximité du vignoble bordelais est à l’origine de l’installation dans la région de l’industrie bouchonnière. En effet, depuis longtemps employé pour la fabrication de ruches, de filets de pêche, ou pour le bouchage, c’est vers le milieu du 19ème siècle qu’a commencé la production organisée de bouchons à destination de l’embouteillage des vins de Bordeaux (Pouillaude, 1957).
Cependant, le liège landais sera peu utilisé dans cette industrie, la superficie de l’essence ne cessant de diminuer au cours du 19ème siècle, puis du 20ème siècle.
CAUSE DU DÉCLIN DU CHÊNE-LIÈGE EN AQUITAINE
L'hiver 1830 : particulièrement froid, il provoque la destruction quasi-totale du chêne-liège dans plusieurs cantons notamment en Lot et Garonne. C'est le début d'importations de lièges d'Espagne et du Portugal, et cinquante ans plus tard d'Algérie. La production locale s'effondre.
La campagne de reboisement de pin maritime : La loi du 19 juin 1857 créée par Napoléon iii rend obligatoire la production du pin maritime pour les communes du massif landais. Rebaptisé "l'arbre d'or", cette essence procure alors un revenu exceptionnel. La culture mono spécifique moderne ne laisse plus la place aux autres essences.
La fin du chêne-liège dans les années 1950 : l'instabilité du cours du marché du liège accentué par les importations des pays à faible coût de main d'oeuvre accélèrent la disparition du chêne-liège.
Le plus choquant est que la production du liège aquitain s'est totalement effondrée, alors que la demande mondiale n'a cessé de s'amplifier.
SITUATION ACTUELLE
Les deux principales zones de répartition du Chêne-liège en Gascogne sont le Marensin et le Néracais(tels que les définies l’Inventaire forestier National). Ces deux zones font partie du plus grand massif forestier cultivé d’Europe, qui comprend 1 million d’hectares et dont l’essence principale est le Pin maritime. La sylviculture intensive de cette essence laisse peu de place aux espèces accompagnatrices telles que le Chêne-liège.
Le Marensin se distingue du reste du massif landais par sa topographie. Le relief des anciennes dunes, appelées « tucs », rend en effet impossible la mécanisation sur une partie de sa surface, ce qui permet au Chêne-liège de s’y développer. En vous promenant dans les forêts Marensines, vous pourrez admirer cet arbre magnifique et remarquerez que la plupart conservent les traces de leur exploitation passée.
Dans le Néracais, la mécanisation des travaux a ainsi conduit à fortement diminuer la densité de tiges de Chêne-liège à l’hectare : l’essence serait encore présente sur 10 000 hectares, mais de façon très dispersée, ce qui rend difficilement envisageable la reprise de la production de liège dans cette zone.

L’inventaire en cours de réalisation a recensé plus de 145 000 chênes-liège de plus de 50 cm de circonférence en forêt privée dans le Marensin, répartis de la façon suivante :


⇐ 82 % des tiges recensées sont situées en milieu forestier en bordure de piste ou de parcelle, en bouquet isolés mais surtout en sous-étage dans les peuplements de Pin maritime. Ces peuplements mélangés comportant plus de 20 chênes-lièges/hectare couvrent une surface de plus de 2 200 hectares et se trouvent préférentiellement sur les tucs plus difficilement mécanisables. Souvent abattus lors de la récolte des pins, ces arbres de faible circonférence ont en général l’âge de ces derniers.






17 % des tiges se trouvent en milieux urbain et périurbain dans les jardins, les espaces verts, les campings, les golfs, etc.










⇐ 1% des tiges sont situés aux abords des villages sur des airials. Magnifiquement conservés, ces doyens dépassent alors en général largement 2 mètres de circonférence.





Son élimination lors des coupes rases ne trouve en effet aucune justification économique, étant donnée les coûts de débardage et sachant qu’il faudra attendre deux années pour que le liège se détache avant de pouvoir l’utiliser comme bois de chauffage, et prive de plus le futur peuplement de Pin d’un allié naturel contre ses attaques parasitaires. Le nettoyage mécanisé répété des parcelles de Pin tend également à contenir le « Corcier » dans la strate herbacée ou arbustive, alors que la conservation de quelques dizaines de sujet à l’hectare dans les lignes de pins est tout à fait envisageable



Il a également été remarqué l’abondante régénération naturelle dont bénéficie la zone. Cependant, malgré sa forte dynamique, la présence du Chêne-liège est menacée par les pratiques culturales du Pin maritime.



EXTRAITS DE LIVRES REFERENCES DANS LE METIER


Extrait de Ch.Pouillaude – Le liège et les industries du liège -  1952
Dans les Landes, il existe peu de forêts de chênes-lièges. Les arbres sont souvent clairsemés dans tout le département des Landes dans les forêts de pins, et disparaissent progressivement car on les abat le plus souvent en faisant des coupe rases de pins. Il en existe quelques-uns le long des routes ou devant les fermes, à titre ornemental. Il n’y a pas d’exploitation de chêne-liège organisée. Ce sont les paysans ou les ouvriers qui, au moment de la récolte, vont démascler les arbres qui existent encore, soit pour le compte du propriétaire, soit pour le compte de l’acheteur. Les chênes-lièges sont un peu plus nombreux dans les cantons de Soustons, Dax, St-Vincent de Tyrosse et Castets. Un recensement des propriétaires forestiers dans cette région avait révélé 250 propriétaires forestiers environ, pour une production moyenne de 4500 Qx annuels de liège de toutes catégories. Le liège récolté dans cette région est d’assez bonne qualité.
Les prix se paient dans Les Landes sur poids vert, liège pesé après l’extraction. Ils varient suivant la proportion de liège rebut, il est toujours vendu tout venant, mâle compris.
Extrait de J.Viera Natividade – Subériculture -  1956
Dans la zone littorale des Landes, de Bayonne à Léon, le centre le plus riche en liège est celui de Soustons sur la rive droite de l’Adour. La culture du Chêne-liège est parvenue dans les Landes à une certaine importance : mais l’expansion des pinèdes et les incendies fréquents ont réduit de beaucoup son étendue. La plus grande partie des forêts dépérit et les arbres qui disparaissent ne sont pas remplacés. Le liège n’atteint l’épaisseur commerciale que vers 12 ou 15 ans.
Extrait de Ch.Pouillaude – Le liège et les industries du liège – T2 -  1957
Dans la région des Landes, depuis un temps très ancien, il a été fabriqué des bouchons pour les besoins locaux. C’est ainsi que l’on a retrouvé, dans les greniers des vieilles fermes, des bidons de bergers bouchés avec un bouchon taillé au couteau, et des récipients en argile cuite, bouchés avec des bondes de liège. C’est vers 1845 que de petits ateliers artisanaux commencèrent à apparaître dans la région (Clavery à Tosse 1844, Maque à Vieux-Boucau 1845, Martian à Soustons 1845). Les bouchons sont fabriqués avec un simple couteau ; un ouvrier en fait environ 100 à 120 à l’heure. La machine à tourner, dite rabot, la lame étant placée dans une monture qui glisse dans un berceau, apparaît vers 1875, servant surtout pour les bouchons coniques et les petits articles, les bouchons cylindriques étant toujours faits à la main. Vers 1880 apparaît la machine à tourner Peyreplane, avec barre torse, où le bouchon se fait en deux mouvements. Des ateliers plus importants commencent à s’installer à Vieux-Boucau, Soustons, Tosse, Léon, etc.
Dès le début de la fabrication (1845), dans les Landes, les bouchons ont été expédiés principalement dans la région de Bordeaux, où l’embouteillage commence à prendre une certaine importance. C’est vers 1872 que vinrent s’installer dans la région du Sud-Ouest des ouvriers catalans pour utiliser le liège et fabriquer des bouchons entièrement à la main. D’année en année, ces petits ateliers se sont développés, au point de devenir aujourd’hui des usines très modernes. Bien que la fabrication à la machine à main ait commencé vers 1880, on continue jusqu’en 1900 à fabriquer les beaux bouchons au couteau (façon main, 20 et 22 lignes).
Les premiers tubes, d’origine espagnole (Castello) ont été introduits pendant la guerre en 1916 par les Etablissements Pontneau. Ils ont été copiés par Dolouest et, petit à petit, plusieurs fabricants les ont adoptés ; mais ce n’est que vers 1922 que le Trill, et un peu plus tard (vers 1932 croyons-nous) que le Didier a pris son essor. Deux Maisons des Landes Pontneau Ainé, Clavery à Tosse, dès leur installation, ont  toujours vendu leur production directement à l’utilisateur, mais ce n’est qu’après la guerre de 1914 vers 1925, que les petits fabricants se sont dirigés vers la vente directe à l’utilisateur.
Actuellement, on peut dire que pratiquement tous les fabricants font leurs ventes au consommateur à l’aide de représentants.
Extrait du Bulletin Municipal de Soustons - 1965
Il a toujours existé dans les Landes, côtoyant souvent le pin maritime. Nos anciens n'ignoraient pas l'emploi de l'écorce de liège, ils s'en servaient pour faire des ruches, des flotteurs pour les filets des pêcheurs, des bouchons pour les "cuyons" dont se servaient les bergers pour emporter leurs boissons